Et si depuis tout ce temps, on s’était trompé de ligne?

Les coureurs, moi le premier, mettent souvent (trop souvent!) l’emphase sur une distance précise à courir. Un but ultime à atteindre. Un but que l’on repousse régulièrement et consciemment, un but que l’on veut surpasser. Courir son premier kilomètre, franchir son premier 5km, atteindre son premier 10 km, réussir son premier ½ marathon, réaliser son premier marathon et croiser la ligne d’arrivée. Pourquoi toujours vouloir croiser cette fameuse ligne? Celle qui n’est jamais assez près et que l’on éloigne volontairement à force d’entraînement, de volonté et, parfois même, de stupidité. Et si depuis tout ce temps, on s’était trompé de ligne? Et si la ligne la plus importante à croiser était celle du départ. Et si, une, deux trois, quatre, cinq, six, ou même sept fois par semaine (c’est selon) nous la traversions ? Si chaque fois qu’on mettait nos sneaks on la traversait ? Si le plus important était de commencer, encore et encore et encore une autre fois plutôt que de terminer une fois de temps en temps ? Si on atteignait notre objectif plusieurs fois par semaine plutôt qu’une fois de temps en temps ? Si on se félicitait pour franchir la porte de la maison plutôt que d’être déçu d’avoir marché avant la ligne d’arrivée ? Peut-être parce qu’on ne saurait plus quoi faire de toutes ces médailles…? Avec l’hiver qui se termine et le printemps qui s’installe, je remarque que le plus difficile dans la course à pied n’est pas toujours de courir 10km ou 30 minutes mais plutôt de se botter le c** pour affronter le vent, la neige, la pluie, la slush, le froid, la noirceur. La ligne de départ est, pour moi, plus difficile à passer que la ligne d’arrivée. Par contre, on en parle peu. On parle souvent d’objectif, de temps, de distances, d’évènements organisés mais pas souvent des efforts hebdomadaires déployés pour s’y rendre. Quand je cours, je me fais souvent dépasser par des coureurs plus rapides. Je dépasse, aussi, souvent des coureurs moins rapides. Des fois, des sprinters sortent de nulle part et passent à côté de moi à la vitesse du vent. Des marcheurs me bloquent souvent le trottoir. Des fusées filent à toute allure dans mon groupe de course et gens dévoués et décidés ferment le peloton. Et si depuis tout ce temps, on s’était trompé de ligne? En fin de compte, on a tous commencé au début.

Article de Dominic Boutin membre du groupe Course4FUN

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3 commentaires pour “Et si depuis tout ce temps, on s’était trompé de ligne?

  1. Ce texte m’a fait réaliser à quel point je dois me féliciter chaque fois que je sors de la maison pour une marche, une course ou n’importe quelle autre activité physique….. l’effort, c’est là que ça se passe…. Merci, j’ai partagé le texte à tous mes amis coureurs ou non….. Merci!

  2. Jai lu plusieurs textes et regardé des videos en masse mais cet article représente parfaitement l’approche qu’un coureur devrait avoir. La ligne de départ est doublement importante que celle de l’arrivée, Bravo et Merci, très belle réflexion

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